Auto-interview

Publié par Jacques Guilloreau

Si votre vie était à refaire ?
   Je me dirigerais à nouveau vers l'univers de la communication, mais plutôt vers le journalisme, la vulgarisation scientifique, la découverte du monde… Et pour cela, voyager, parcourir la planète, rencontrer des chercheurs (et, plus encore, des "trouveurs" !) avec lesquels j'aurais aimé partager leurs connaissances, leurs hypothèses les plus hardies, leurs espoirs…
 
 Vos regrets ?

   Il est quelques activités que j'aurais aimé pratiquer. Passionné dès mon adolescence par les avions, j'aurais vraiment souhaité apprendre à piloter. J'aurais particulièrement apprécié tenir les commandes de petits appareils à aile haute type Piper Cub ou Cessna. Bien loin d'ambitionner occuper le cockpit d'un Boeing 747 !
   Initié au close-combat à l'armée, j'aurais bien aimé aussi être capable de me défendre sans arme et pour cela m'entraîner aux arts martiaux, spécialement à l'aïkido, tout en souplesse, qui donnent aux adeptes l'impression d'être aériens, libérés de la pesanteur !
 
 Vos remords ?

   Cela me peine toujours aujourd'hui d'avoir pu causer du chagrin à celles dont nos chemins de vie respectifs ont divergé, comme j'ai eu l'occasion de vivre moi-même cette situation. Je me suis en revanche appliqué, tant dans le cadre professionnel que privé, hormis affectif, à ne jamais porter préjudice à qui que ce soit, par des actes ou des propos. D'où peut-être une réussite tout à fait relative au sein de l'entreprise. Car quand il ne faut compter que sur ses seules compétences pour emprunter l'ascenseur social !… Ah ! Que n'ai-je eu l'occasion d'entendre de critiques, dénigrements, ragots dévastateurs au restau d'entreprise, au détour de couloirs ou autour de la machine à café. Que de peaux de bananes semées pour semer les concurrents !  Si je n'ai qu'un seul principe moral, c'est au moins celui-là.
 
 Ce dont vous êtes le plus fier ?

   Là, je vais choquer beaucoup de monde. Mais c'est de ne pas m'être reproduit, selon la norme, le programme génétique enfoui au plus profond de nos cellules. Enfin, au moins, à ma connaissance !  Car j'ai tout de même beaucoup semé, mais en espérant ne jamais, ô grand jamais, avoir essaimé… Sans doute traumatisé par la guerre dans mon enfance, trop vu d'horreurs, de misères, de sang couler… Et cela n'a de cesse. Commet offrir ce monde de cauchemar à un enfant ?
   Et même, hormis cela, comment, pourquoi ajouter une unité à ces milliards d'humains déjà embarqués à bord de ce vaisseau spatial Terre, qui gaspillent leurs ressources, génèrent des montagnes de déchets, se battent déjà pour leur espace vital, se battront demain pour l'eau… Malthus, cet économiste anglais du 18-19e siècle, un visionnaire qui avait déjà, à son époque, évoqué le danger de la démographie, doit se retourner dans sa tombe !  Quand j'entends les économistes, les politiques se réjouir de la progression démographique pour des raisons de croissance de marché ou d'équilibre du régime des retraites, ils naviguent vraiment à courte vue !  Car la Terre, elle, n'est pas extensible.
   Et quand je vois actuellement un bébé tout souriant, joufflu, douillettement installé dans sa poussette, je ne peux m'empêcher de lui souffler mentalement : "Mon(ma) pauvre, tu ne sais pas ce qui t'attend". Au mieux, une enfance, une jeunesse sacrifiée à se consacrer aux études, en espérant, se faire une place au soleil. Soit un tiers de sa vie. Un autre tiers à bosser comme un malade. Un dernier tiers à se flétrir comme une pomme cuite. Et au bout du chemin, une pierre, un nom, deux dates. Puis l'oubli. Trois tiers, comme les impôts !  Trois, comme les trois-huit sur les chaînes des usines. Au mieux, dis-je. Car pour les moins doués pour les études, dont les parents ne peuvent une seconde envisager que leurs géniaux rejetons n'embrassent autre chose qu'une profession en costume-cravate-attaché-case, quelle galère les attend !
   Je pense aussi beaucoup à ce que sont devenus de si jolis et gracieux bébés devant lesquels s'extasiait leur entourage : escrocs, bourreaux d'enfants, de femmes, pédophiles, violeurs, psychopathes, assassins, seigneurs de guerre, fous de Dieu, terroristes, dictateurs sanguinaires… Comme ils devaient être mignons dans leur berceau les petits Hitler, Staline, Mao, Pol Pot, Napo…, devenus de si grands hommes !… Non, je n'ai vraiment pas envie d'engendrer. Et je me déchaîne du seul élément pourtant immortel de mon individu : ma chaîne ADN.
 
 Ce que vous détestez ?

   La haine, la violence. Bien que je sois conscient qu'en certaines circonstances où les mots n'ont plus de prise face à un danger immédiat, l'action constitue la seule réponse appropriée. Cela dit, étant militaire appelé, j'aurais certainement traîné toute ma vie un traumatisme si je m'étais trouvé en situation de devoir tirer sur d'autres êtres humains. Surtout pour non pas défendre ma propre vie ou celle de camarades, mais pour défendre des intérêts bassement matérialistes, sous prétexte de raison d'Etat.
 
 Ce que vous n'aimez pas ?

   Les coutumes, les traditions familiales ou professionnelles qui bloquent toute avancée, tout progrès. Les pseudo-fêtes instituées où l'on se doit de faire des cadeaux convenus, la plupart du temps inutiles. Des fêtes qui sont essentiellement celles des marchands !  Et dans ce registre, je préfère offrir que recevoir, prenant le temps et la peine de m'enquérir des goûts, des besoins des destinataires. Plutôt que de me voir obligé de remercier pour un objet dont je ne sais que faire ou qui est loin de répondre à mes critères esthétiques !
   Ce que je n'aime pas non plus, la mode qui se démode en moins de temps qu'il ne faut pour le dire, sous la dictature des faiseurs de tendances qui ont pour seul but de vous faire passer pour ringard. Et vous forcer à mettre à jour vos fringues aussi souvent que vos logiciels !  Pas plus que je n'aime ce look débraillé, négligé, pour ne pas dire crade, faussement pauvre ou globe-trotter, avec des jeans pré-usés, des tee-shirts XXL qui semblent servir à tous les membres de la famille !  Un monde de faux-vrai…
   Et que dire aussi de tout ce cortège d'interdictions en tous genres, assorties d'amendes et même de peines de prison, pour désormais décréter la façon de vivre des citoyens (tabac, alcool, conduite automobile…). Légiférer sur tout semble être devenu la règle. Et la répression remplacer l'éducation, le savoir-vivre ensemble. Sécurité… Sécurité… Sécurité… Floraison de caméras, de radars, police omniprésente... Mais où allons-nous sinon vers une sorte de dictature administrative, un univers à la Orwell, dépeint dans 1984, où le citoyen est continuellement surveillé, espionné, épié dans son espace le plus privé...
   Et ce sacro-saint principe de précaution ? Cette recherche à tout prix du risque zéro ?... Si les défunts explorateurs, découvreurs, inventeurs, pionniers de l'aviation..., peuvent nous voir nous envelopper dans ce cocon d'ouate, ils doivent se tordre de rire !
 
 Ce que vous n'appréciez guère ?

   Les politiciens qui font avaler des couleuvres au peuple à longueur de mandat, vivent dans leur privilégi-globulle et les ors royaux de la République, déconnectés de la réalité et de nos préoccupations. Et, sauf rares exceptions, visent le pouvoir pour grignoter le gâteau. Croyez-vous que ceux-là sont enclins à décider les réformes, les mesures nécessaires pour sortir du rouge l'entreprise France ?  On ne coupe pas la branche sur laquelle on est confortablement installé !
   Quand sortira-t-on, d'ailleurs, de ce système dit démocratique où l'on élit les soi-disant représentants du peuple en se fiant à leur BDBG, beau-discours-belle-gueule !  On ne pourrait pas plutôt les recruter sur concours de compétences ? (!). Et quand on pense que plus de la moitié de nos députés, en France, sont fonctionnaires, il est permis de s'interroger sur leur représentativité !
   Et que dire aussi des sempiternels mêmes types d'invités, en prime time, sur les plateaux de télé : gens du show-biz et politiques. Des gens de spectacle, en fait. Mais voyez-vous beaucoup de chercheurs, scientifiques, inventeurs, philosophes, encyclopédistes, patrons de PME, artisans, meilleurs ouvriers de France ?… Ils auraient certainement des choses intéressantes à nous dire, eux aussi. Mais non, la télé-bulle tourne en rond !
 
 Ce que vous aimez ?

   L'amour. L'amour à tous les étages (!), du premier à l'ultime degré : l'amour-amitié, l'amour-copain, l'amour-affection, l'amour-câlin, l'amour-tendresse, l'amour-passion... Sauf l'amour à mort, cause de tant de drames. Mais vous avez déjà dû le remarquer !  Depuis mon plus jeune âge, j'éprouve cet étrange sentiment, cette naturelle attirance pour mes charmantes congénères. Envie de les embrasser du regard, de les envelopper de tendresse, de leur offrir mon épaule, de sentir la chaleur de leur corps, de me fondre en elles… Quand je pense que ce n'est peut-être là que le résultat de processus physico-chimiques complexes… Je suis peut-être tout simplement doté de glandes endocriniennes secrétant un taux d'hormones au-dessus de la moyenne !  Ce qui m'a conduit, certes, à commettre des erreurs de parcours, des errances génératrices de pertes de temps, mais aussi, à accéder à d'intenses moments de bonheur qui m'ont fait tutoyer les étoiles, en me propulsant au septième ciel !  Les drogues, en comparaison, ne doivent être que pipi de chat !  Nous savons d'ailleurs maintenant, qu'au moment de l'orgasme, deux glandes du cerveau, l'hypothalamus et l'hypophyse, inondent notre organisme de morphine naturelle, l'endorphine…
   Faire l'amour, pour moi, c'est communier avec la Femme qui a choisi de s'offrir, de s'ouvrir à moi et que j'ai à cœur de combler de plaisir pour la remercier. Faire l'amour, c'est communier avec l'univers tout entier, deux galaxies qui se rencontrent, s'interpénètrent pour n'en former qu'une. J'assimile cela à l'extase des grands mystiques qui se sentent en résonance, en osmose avec le cosmos, avec le divin.
   Et je m'étonne d'autant plus que les religions, et même la plupart des cultures laïques, restreignent, réprouvent, interdisent, condamnent l'acte d'amour et légifèrent à son sujet, le considérant parfois comme un délit, s'il n'est pas accompli selon des normes, dans un cadre bien déterminé. Quand il n'est pas estimé comme sale, faisant l'objet d'expressions péjoratives, de plaisanteries douteuses, d'histoires grasses… Ou tout simplement tu, ignoré dans les familles.
   Mais il n'y a pas non plus que l'amour de l'amour dans ma vie !  Depuis mon enfance, j'ai aussi l'amour des livres. Mes amis de toujours. Mes meilleurs amis. Ceux que la vie ne m'a pas permis de côtoyer et avec qui j'aurais sans doute eu grand plaisir à discuter, leurs livres m'ont permis de profiter du meilleur d'eux-mêmes. Les livres ne sont-ils pas en effet la quintessence de leur auteur ?  Comme beaucoup, j'ai commencé par les illustrés, les bandes dessinées puis, après le parcours plus ou moins obligé des classiques littéraires, des romans de tout genre, y compris policier, j'ai découvert le fantastique. Un type de récit qui, en m'ouvrant les portes de l'infini, d'univers insoupçonnés, colle bien à mon imaginaire. Mais un jour, j'ai gravi un échelon.
   Début des années 1980, ayant entendu parler le très médiatique astrophysicien canadien Hubert Reeves, j'ai lu son ouvrage Patience dans l'azur (Seuil, 1981). Bien que n'étant pas complètement ignorant en la matière, car tout de même lecteur de revues de vulgarisation scientifiques telles que Sciences et avenir, l'art d'exposer de l'auteur m'a permis d'appréhender l'infiniment grand : le monde des étoiles, des galaxies, l'univers. Et m'a donné l'impérieuse envie d'en savoir davantage. C'est ainsi, qu'outre ses livres suivants, j'ai enchaîné avec La Mélodie secrète de Trinh Xuan Thuan (Fayard, 1988), Une brève histoire du temps de Stephen Hawking (Flammarion, 1989) et bien d'autres…
   Puis un autre jour de cette même décennie, au volant de ma voiture, j'entends sur France Inter Marie-Odile Monchicourt interviewer un certain Jean Charon, physicien. Ce qui me conduit, sans tarder, à lire Le Tout et la matière (Albin Michel, 1987) dont il est l'auteur et ultérieurement Sur la barque du temps (1989) et aussi Regards sur la matière de Bernard d'Espagnat et Etienne Klein (Fayard, 1993)… Découvrant ainsi les étonnantes lois de la physique quantique, à des années-lumière de celles de notre univers quotidien !
   Ainsi, après l'infiniment grand, l'infiniment petit. Et la réflexion qui s'ensuit.
 
 Ce que vous croyez ?

   Quand l'astrophysique vous apprend que notre modeste planète Terre est perdue dans l'un des bras d'une galaxie en forme de spirale, la Voie lactée, qui ne compte pas moins de 100 milliards d'étoiles à l'instar de notre soleil. Des étoiles qui naissent, qui meurent en quelques milliards d'années. Et que l'univers tout entier est, à son tour, composé de 100 milliards de galaxies  !  Des galaxies qui tournent sur elles-mêmes, s'attirent, se rapprochent, s'interpénètrent, fusionnent… Avec souvent, détectés en leur centre, d'impressionnants trous noirs qui dévorent littéralement la matière, les étoiles environnantes et même la lumière !  Cela donne le vertige et vous fait relativiser quant à l'importance de votre petite personne.
   Quand la physique quantique vous révèle que les atomes constituant la matière des objets qui nous entourent et de notre propre corps, sont eux-mêmes constitués à 99 % de… vide. Mais du vide plein… d'énergie qui assure la cohésion des diverses particules composant ces atomes : électrons, protons, neutrons… Et plus surprenant, quand nous découvrons que ces particules se composent de particules plus petites encore, laissant croire lors de chaque nouvelle découverte qu'il s'agit des ultimes (actuellement, les quarks). Mais plus étrange encore, de nouvelles théories dites des "cordes" avancent que ces particules seraient in fine formées par la rencontre du sommet de deux ondes de cordes en vibration. Un peu à la manière des ondes formées à partir de deux pierres jetées sur la surface lisse d'un étang et qui se propagent l'une vers l'autre. Quand un creux d'onde rencontre un sommet d'onde, les deux ondes s'annulent. Mais quand un sommet d'onde rencontre un autre sommet d'onde, les deux ondes se renforcent et forment un sommet encore plus haut. Un point d'orgue, en quelque sorte. Autrement dit que la matière, telle que le sens commun l'entend, ne serait que le résultat de ces points de rencontre d'ondes d'énergie. Bien mystérieux concert de vibrations, en vérité. Quant à savoir quel est l'auteur de cette symphonie ?…
   Ici la physique rejoint la métaphysique. Et nombre de physiciens terminent leurs ouvrages par des interrogations sur la réalité, l'essence même de cet univers né de ce qu'ils appellent une "singularité", d'un point : le big-bang. A partir de là, l'univers semble s'être auto-organisé, générant simultanément l'espace et le temps, créant la matière, les étoiles, les galaxies… Et, après des milliards d'années, la Vie.
   Des scientifiques, biophysiciens, biochimistes, biologistes ou philosophes des sciences ont abordé ce côté métaphysique et j'ai lu avec grand intérêt des essais de certains d'entre eux : Dieu des fourmis, Dieu des étoiles de Rémy Chauvin (Le Pré aux Clercs, 1988), L'homme superlumineux de Régis et Brigitte Dutheil (Sand, 1990), Aux racines de l'univers de Ervin Laszlo (Fayard, 1992)…
   Ainsi, à la lumière des connaissances actuelles, je suis assez tenté de croire que si Dieu il y a, il ressemble assez à celui de Spinoza, philosophe hollandais du 17e siècle, c'est-à-dire un Dieu Nature, un Dieu Univers. Chaque être, chaque chose est en lui comme il est dans chaque être, chaque chose. Comme chaque partie est dans le tout et le tout dans chaque partie. A l'exemple des milliards de cellules qui sont dans notre corps, qui sont notre corps, et dont chacune d'entre elles contient notre corps en "réduction" sous forme d'information, la chaîne ADN !  A l'image de l'arbre qui est dans chacune de ses feuilles et dont chaque feuille, avec ses nervures, représente l'arbre !…
 
 Un dernier mot sur votre vie ?
 
  Je suis heureux d'avoir, dès mon enfance, levé un regard interrogateur vers la voûte céleste, vers le jardin des étoiles et ce mystérieux chemin lumineux qui le traverse, la Voie lactée. Et plus tard, grâce à mes amis, les livres, d'avoir pu soulever une toute petite partie du voile qui nous sépare, nous les humains, des secrets de cet univers et de la grande Vérité.
   Quel chemin parcouru depuis ces années où, les pieds dans la terre, je creusais des sillons dans les champs du Pays d'Ouche !  Bien plus qu'avoir réussi à m'enrichir et acquérir des biens, à conquérir du pouvoir et jouir de privilèges, je suis heureux d'avoir réussi à m'enrichir l'esprit, à m'élever vers les racines du ciel. Ce qui m'a permis de développer une spiritualité toute personnelle qui tolère sans problème les diverses croyances, religions et leurs prophètes… Tant qu'elles respectent l'esprit de la démocratie laïque et ne visent pas à nous imposer de force leur culture, leur mode de vie !  Car la tolérance ne doit pas aller, je crois, jusqu'à tolérer l'intolérable. Porte ouverte à tous les extrémismes, à l'obscurantisme…, tout prêts justement à profiter de la faille que constitue la tolérance préconisée en régime démocratique.
   J'ai aussi acquis une grande sérénité face à ma disparition inéluctable, ce second grand événement de la vie qu'est la mort, après la naissance. Avec, certes, un petit soupçon de crainte face à l'inconnu, mais aussi avec un frisson de curiosité, une attente de découverte. Un peu du genre de ce que j'éprouvais lorsque j'embarquais à bord d'un Boeing 747 en partance pour la découverte d'îles lointaines inconnues !  Car pourquoi n'y aurait-il rien plutôt que quelque chose, alors qu'il existe un monde plutôt que rien ?  Et s'il existe quelque chose, j'ai le pressentiment qu'il est beaucoup plus inattendu, plus fantastique que tout ce que nous proposent les religions ou philosophies traditionnelles.
   Quoi qu'il en soit, survie de l'esprit ou néant, est-ce l'effet anxiogène des médias, ces grands prêtres amplificateurs des catastrophes et autres mauvaises nouvelles, mais j'en viens à me féliciter d'avoir un âge avancé pour n'avoir pas à vivre dans le monde terrestre qui nous semble promis. Ce qui m'offrira au moins l'incontestable avantage d'éprouver moins de regret au moment de devoir le quitter !

 
 Quelle autre
question aimeriez-vous qu'on vous pose ?
  
Imaginez-la et adressez-la moi !  Si je suis toujours vivant, j'y répondrai sans faute. Mort, vous trouverez mon ultime message gravé sur ma pierre tombale à St-Michel-Tubœuf, en terre de Normandie.
 
 ©
Jacques Guilloreau
 Extrait de De la terre aux étoiles - Je me raconte