Prêts-textes à rire - Les politichiens
Vous savez que notre pays,
depuis la Résolution de 89,
est rentré de plain-va-nu-pied
dans la Raiepublique de Marianne.
Et depuis ce temps des Déculottés,
nous virons en démoncratie.
Parfois survirons et même chat-avirons
(pourtant, c'est bien connu,
les chats n'aiment pas l'eau)....
Enfin, la démoncratie,
c'est le moins mauvais système,
parait-il, d'après Veston Churchill,
un homme, sûr, qui avait de l'étoffe.
Ainsi donc, insinué-je ingénument,
vous n'avez pas à vous faire de bible,
le festin de votre vie est servi
sur les tables de la loi du plus malin
par ces langes-gardiens de forte Constitution
élus au sauvetage universel,
je veux rire, les politichiens.
La plupart font parti
de la race des technocrottes
qui ne sont pas là pour nous en tirer,
mais plutôt pour se tirer
quand ils nous y ont mis.
En attendant, ils n'arrêtent pas
de se tirer dans les pattes,
ce qui les fait souvent pédaler dans la semeuse
quand ils siègent de concert
dans le cadre de leur demi-cycle.
Là, ils aboient le soir, sur le fond des lois,
se cherchent des puces dans la truffe,
s'aposcrochent, s'insectivent, se veniment,
sans jamais en démordre.
Mais le car à vannes passe...
Et les politichiens éreintés s'endorment,
en chien de furie, du sommeil des rustres,
dans la chambre des réputés.
Il faut bien, en effet, qu'ils récupèrent
pour mener à bien (plutôt qu'à mâle)
les prochaines compagnes érectorales,
affronter la syndicte populaire,
porter la bonne parabole,
après une chasse à courre d'arguments
qu'il faut parfois mettre au poing,
pour convaincre les cons de citoyens
qui pourraient, sinon, aller gonfler
allegro les burnes des parties adverses.
Mais avant de faire des promesses,
il faut faire des messes de pros.
Et les politichiens nés sous le signe du Poisson
y sont partiprisément à l'aise.
Pensez donc, des requins réunis en congres,
avec des yeux de merlans gris,
ils savent nager en eaux troubles,
même parmi les bancs de maqueroplancton.
Et toutes ces huiles, foi de Maur,
huent tous ceux qui sont contre ceux qui sont pour.
Ce qui déchaîne sous vent un beau chalut
qu'il faut maîtriser en jetant l'encre,
sans l'attacher, sur la robe de papier de Sainte-Eze
qui, comme chacun sait, est la patronne
des martins-pêcheurs de bulletins de vote.
Ainsi, si ce n'est pas de tout repos,
n'est pas non plus qui veut
réputé du Parle-et-ment, sécateur,
ou sinistre du Gouvernemal
et, encore moins, résident de la Raiepublique,
au palais où Elise est (une copine de Marianne).
Pour réussir à faire autant de vent,
le gros de la meute des politichiens
a fréquenté les Grandes éoles
telles que l'Ena (Eole nationale de l'auvent),
qui leur apprennent à vous admonestrer,
aux doses prescrites,
les blablacalmants, les infopropagandines,
les interludiques, l'américanofeuilletonthérapie,
les audimatéléabêtissants et autres socioanesthésiants,
et, en cas de sociétite aigüe,
la matracothérapie de groupe,
non remboursée par la Sécu,
appliquée seulement par des spécialistes,
les Crs (Compagnons républicains du sourire)
qui exercent un charme décharnant
sur les foules manifestant leur joie de vivre.
Comme vous le voyez, avec les politichiens,
vous pouvez mettre vos soucis en sursis,
sans sourciller,
ils sont là pour les pallier à tous les niveaux,
vous dorloter au point de vous endormir
et même panser à votre place à gogo vos bobos.
Ils veillent à merveille
sur leurs gentils soumis assujettis.
Assujettis à l'imposture revenue,
aux taxes sur la valeur des joutes
ou à ces cures de cécité sociale
où même les rouges et les verts
n'y voient que du bleu...
J'en mettrais Malin au feu, vous êtes
le sujet de prédiélection des politichiens
au cours de leur conservation.
Un sujet d'intérêt capital.
Je dirai même plus, un inépuisable sujet
sur lequel il peuvent toujours compter...
Pour mieux se payer votre tête !
©Jacques Guilloreau, Prêts-textes à rire.