"Putain de ta race !"
"Putain de ta race !"… Vu à la télé ou entendu dans la rue, eh oui, malheureusement. Et lancé souvent, justement, par ceux qui se plaignent du racisme !
Alors, les intellos, les politicos et autres adeptes du politiquement correct croient avoir trouvé la solution. Radier tout simplement le mot "race". Du code civil, du dico, de la Constitution... Les races, ça n'existe pas. Point. Si vous voyez entrer un noir, un jaune, un peau-rouge…, dans votre champ de vision, il faut aller consulter d'urgence un ophtalmo. Ou vous êtes daltonien ou atteint d'une dégénérescence maculaire déjà avancée.
Et si votre gosse qui commence à parler et poser des questions à la con du genre :
- Dis maman (parce que papa, lui, n'est plus qu'un abruti de foot, plus ou moins imbibé de bière !), dis, c'est qui ce monsieur qui a les yeux en fente ?
- Eh bien, mon chéri, c'est un asiat… Mais non, mais non, c'est rien, mon chéri, que vous devez maintenant lui répondre, sous peine de vous retrouver devant le tribunal, en train de bredouiller, de vous confondre en excuses avant de fondre en larmes :
- Mais non, votre Honneur (vous croyant en Amérique !), je vous jure que ne pensais pas à mal…
- Honni soit qui mal y pense, vous répondra la justice républicaine désormais a-raciale, comme on peut être a-gnostique. Et zou, au pilori du sémantico-politiquement correct !
Et d'imminents scientifiques d'en remettre une couche :
- Mais enfin, on a tous le même sang, les mêmes gènes…
- Ben oui, M'sieur, mais pas la même couleur. Comme il y a des millions de voitures du même modèle, mais rouges, bleues, noires…
Bref, ça fait du bruit dans le Landerneau des médias, de la politique… Débats, incisives invectives, écarts de langage des uns, grand écart des autres, mises à l'écart des partis…, et j'en passe.
Même mon adorable petite Diane grogne devant la télé … Oui, Diane. Non, pas ma femme, ma chienne. Fidèle, elle. Par contre aussi un peu cabotine. C'est une épagneule bretonne. Et pas question pour elle, d'être confondue avec une bergère allemande, une bichonne, une levrette, une braque, bien qu'elle soit un peu fofolle parfois. Non, c'est une espèce qui fait l'arrêt. Pas sur image, hé fada, mais sur le gibier tapi au fond de son gîte et qui le rapporte quand je l'ai tiré. Une sorte de rabatteuse, quoi ! Mais pas raciste pour deux sous. Ainsi, quand on rencontre, au hasard des rues, un congénére de son espèce, mais pas obligatoirement de sa race, elle n'hésite pas pour autant à entamer tout de go un joyeux flairage de truffe… Et même plus si affinités ! C'est dire si elle et coole en la matière.
D'instinct, contrairement à d'autres qui raisonnent et s'expriment doctement sur la question, elle fait le distinguo entre races et espèces et il ne lui viendrait pas à l'idée d'aller offrir ses salutations distinguées à un cheval ou une vache ! C'est pas comme une sommité politique que j'ai entendu déclarer, du haut de son discours, en parlant des Hommes (avec un H majuscule) : "Il n'y a qu'une race, la race humaine". Erreur, docteur. Faut pas mélanger les torchons avec les serviettes. L'Homme, même le roi des cons, représente "l'espèce" humaine (Homo sapiens en latin, mon lapin !) et pas la "race" humaine. Comme le cheval représente l'espèce équine avec différentes races : breton, camarguais, percheron, pur-sang… Comme la vache représente l'espèce bovine avec ses races diverses et savoureuses : aubrac, charolaise, normande, limousine… Ou même si on osait, tiens, osons pour faire plaisir (!) aux viriles féministes qui en ont… de l'ardeur contre les hardeurs et autres hardis machos de tout poil, on pourrait dire que la femme, oui, représente la race coquine !… "Quel salaud !", m'entends-je déjà traité, assorti d'une fatwa made in France !
Mais, revenons à nos moutons, fripons. Pour l'espèce humaine, il faudrait donc mettre cette histoire de "races" sous le tapis, sous peine de passer pour un raciste. Et pour enfin supprimer le racisme ! Refuser de voir, le déni, quoi. Cacher le problème pour le croire résolu. Mais quésaco cette plaisanterie ? C'est un peu comme s'il fallait casser les thermomètres pour supprimer la fièvre. Balancer les baromètres par la fenêtre pour supprimer le mauvais temps… Que l'on soit blanc-bec, jaune, noir, peau-rouge (par ordre alphabétique !) ou mélange de tout ça, chacun a ses spécialités. Tiens, par exemple, gastronomiques (canard laqué, couscous, steak frites, sushis…), performs sportives (champions de cent mètres, marathoniens…), records de compète mondiale (du proxy commerce à la multinationale…), vous me suivez ?
Alors, il serait peut-être enfin temps, même si on peut avoir ses préférences (du goût et des couleurs…, bon !), il serait peut-être enfin temps de faire comme nos compagnons canins. Aller les uns et les autres se frotter la truffe, au lieu de se bouffer le nez comme certains nous incitent à le faire. Plus enclins à ensemencer des champs épineux de haine qu'à cultiver des jardins fleuris d'amour. D'amour de l'autre. Allez, un effort ! Comme l'a dit, il y a bien longtemps, quelqu'un de connu, même sans les réseaux sociaux (!), "aimez-vous les uns les autres" !
© Jacques Guilloreau
Eclats de voix